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CACES® Par 15jre 13 min de lecture

CACES® 2026 : ce qui change avec les nouvelles recommandations CNAM

Les recommandations CACES® ont été mises à jour en 2026, principalement pour intégrer la réforme du suivi de l’état de santé et de l’autorisation de conduite. Voici ce qui change pour les employeurs, les organismes de formation et les conducteurs.

Les recommandations CACES® ont évolué en 2026. Cette mise à jour concerne les huit familles du dispositif : engins de chantier, grues mobiles, ponts roulants et portiques, gerbeurs à conducteur accompagnant, plates-formes élévatrices mobiles de personnel, grues à tour, chariots automoteurs à conducteur porté et grues de chargement.

Le changement majeur ne consiste pas en une refonte générale des épreuves CACES®. Il résulte surtout de la réforme du suivi de l’état de santé applicable à la conduite de certains équipements et des nouvelles conditions de délivrance de l’autorisation de conduite. Les recommandations CNAM publiées en 2026 ont été actualisées pour intégrer le décret du 18 avril 2025 et les arrêtés du 26 septembre 2025, entrés en vigueur le 1er octobre 2025.

Pour les employeurs comme pour les organismes de formation, l’enjeu est donc double : utiliser les bonnes versions des recommandations et revoir les procédures internes liées à l’aptitude médicale, à l’autorisation de conduite et aux justificatifs conservés dans le dossier du conducteur.

Les recommandations CACES® à utiliser en 2026

L’Assurance Maladie – Risques professionnels met désormais à disposition les versions actualisées suivantes :

Recommandation Famille d’équipements
R.482B Engins de chantier
R.483A Grues mobiles
R.484A Ponts roulants et portiques
R.485A Chariots de manutention automoteurs gerbeurs à conducteur accompagnant
R.486B Plates-formes élévatrices mobiles de personnel — PEMP
R.487A Grues à tour
R.489A Chariots automoteurs de manutention à conducteur porté
R.490A Grues de chargement

Cette évolution des références est importante pour la veille documentaire, les supports de formation, les procédures qualité, les contrats, les programmes, les dossiers de test et les documents transmis aux entreprises clientes. Une fiche formation qui continue à renvoyer uniquement à une ancienne version peut devenir source de confusion, même si les catégories de CACES® restent identifiées par leur numéro de famille.

Le principal changement 2026 : le suivi médical lié à l’autorisation de conduite

Depuis le 1er octobre 2025, le Code du travail prévoit un nouveau mécanisme pour certains équipements dont la conduite est soumise à autorisation. L’article R.4323-56 impose que la validité de cette autorisation soit subordonnée à la détention par le travailleur d’une attestation d’absence de contre-indications médicales à la conduite.

Cette attestation est délivrée par le médecin du travail à l’issue d’un examen médical. Sa durée de validité est de cinq ans. Le travailleur la présente à l’employeur, qui en conserve une copie pendant toute sa durée de validité. Les modèles d’attestation ont été fixés par arrêté du 26 septembre 2025.

Le dispositif remplace, pour les postes concernés, l’ancien mécanisme qui reposait sur le suivi individuel renforcé du seul fait de la nécessité d’une autorisation de conduite. Les avis d’aptitude délivrés avant le 1er octobre 2025 dans l’ancien cadre bénéficient d’une mesure transitoire : ils tiennent lieu de la nouvelle attestation pendant cinq ans à compter de leur date de délivrance.

Quels équipements sont expressément visés par la réglementation ?

L’arrêté du 26 septembre 2025 énumère six familles pour lesquelles l’autorisation de conduite est réglementairement obligatoire :

  • les grues à tour ;
  • les grues mobiles ;
  • les grues auxiliaires de chargement ;
  • les chariots automoteurs de manutention à conducteur porté ;
  • les plates-formes élévatrices mobiles de personnes ;
  • les engins de chantier télécommandés ou à conducteur porté.

Pour ces équipements, l’employeur doit articuler quatre éléments : une formation adéquate, l’absence de contre-indications médicales selon le nouveau dispositif, le contrôle des connaissances et du savoir-faire pour la conduite en sécurité, et la connaissance des lieux ainsi que des instructions à respecter sur les sites d’utilisation.

Les recommandations R.484A et R.485A ont elles aussi été actualisées en 2026 et comportent des dispositions relatives au suivi de l’état de santé et des modèles d’autorisation de conduite. Il faut cependant distinguer le cadre des recommandations CACES® de la liste réglementaire des six familles expressément visées par l’arrêté. Cette distinction doit être conservée dans les procédures internes et les informations remises aux clients.

Le CACES® ne remplace toujours pas l’autorisation de conduite

C’est un point essentiel, souvent mal compris : le CACES® et l’autorisation de conduite sont deux choses différentes.

Le CACES® permet d’attester que le candidat a réussi des épreuves théoriques et pratiques correspondant à une famille et à une catégorie d’équipements. Il constitue pour l’employeur un moyen reconnu de vérifier les connaissances et le savoir-faire du conducteur. Il n’est toutefois pas, à lui seul, une autorisation de conduire dans l’entreprise.

L’autorisation de conduite est délivrée par l’employeur ou son délégataire. Celui-ci doit tenir compte de la situation réelle du salarié et du matériel utilisé. L’arrêté du 26 septembre 2025 rappelle que l’évaluation préalable à cette autorisation prend en considération l’élément médical requis, le contrôle des connaissances et du savoir-faire ainsi que la connaissance des lieux et des consignes.

Un salarié peut donc disposer d’un CACES® valide sans être automatiquement autorisé à conduire n’importe quel équipement, sur n’importe quel site et dans n’importe quelles conditions. Inversement, l’employeur reste responsable de la pertinence de l’autorisation qu’il délivre.

Les épreuves CACES® sont-elles modifiées en 2026 ?

Pour la mise à jour liée au décret du 18 avril 2025 et aux arrêtés du 26 septembre 2025, la réponse générale est non. Les recommandations actualisées précisent que cette révision n’a pas d’incidence sur le mode de contrôle des connaissances et du savoir-faire applicable depuis le 1er janvier 2020.

C’est une information importante pour les centres de formation et les organismes testeurs : la mise à jour 2026 ne signifie donc pas que l’ensemble des catégories, barèmes ou épreuves est recréé. Le cœur du changement porte sur le cadre réglementaire et documentaire entourant la conduite et l’autorisation.

En revanche, il faut rester vigilant sur les évolutions propres à certaines familles. La recommandation R.482B, par exemple, intègre également une modification antérieure concernant les caractéristiques des moto-basculeurs des catégories A et E. Une veille limitée au seul volet médical serait donc insuffisante pour les organismes qui dispensent ou préparent des tests sur les engins de chantier.

R.482B : un point particulier à surveiller pour les engins de chantier

La R.482B est l’une des références à examiner de près. Elle remplace la version précédente et précise qu’une mise à jour a porté en 2025 sur les caractéristiques des moto-basculeurs des catégories A et E, avant l’intégration en 2026 de la réforme relative à l’état de santé des conducteurs.

Pour un organisme de formation, cela implique de contrôler la conformité des matériels représentatifs utilisés en formation et en préparation aux tests, mais aussi de vérifier que les documents pédagogiques ne reprennent pas d’anciens tableaux ou anciennes caractéristiques. Les fiches de catégorie, supports formateur, programmes et pages web doivent être alignés sur la version désormais publiée par l’Assurance Maladie.

La R.482B rappelle également qu’un conducteur d’engin de chantier doit avoir reçu une formation adaptée au matériel réellement utilisé. Une simple préparation mécanique au test CACES® ne suffit pas à remplir l’obligation réglementaire de formation à la conduite en sécurité.

Ce que les employeurs doivent mettre à jour

La première conséquence pratique est documentaire. Les modèles internes d’autorisation de conduite doivent être revus pour prendre en compte la réforme du suivi médical. Il est également nécessaire de vérifier que l’entreprise conserve les justificatifs appropriés et contrôle leur durée de validité.

La deuxième conséquence concerne les circuits de validation. Avant de délivrer ou renouveler une autorisation, l’employeur doit pouvoir démontrer qu’il a examiné les éléments requis. Pour les équipements relevant du cadre réglementaire, cela comprend la nouvelle attestation médicale en cours de validité.

La troisième conséquence concerne les sites de travail. Même lorsqu’un salarié est expérimenté et titulaire d’un CACES® adapté, il faut lui transmettre les informations spécifiques au lieu d’utilisation : plan de circulation, consignes locales, plan de prévention, protocole de sécurité, PPSPS lorsque cela s’applique, zones interdites, risques de coactivité ou contraintes particulières.

Enfin, l’entreprise doit vérifier que la formation correspond réellement à l’équipement et aux tâches confiées. Le CACES® valide une catégorie et un niveau de maîtrise de la conduite en sécurité ; il ne couvre pas automatiquement toutes les particularités d’un accessoire, d’un équipement interchangeable, d’une configuration spéciale ou d’une utilisation hors standard.

Ce que les organismes de formation doivent revoir en 2026

Pour un organisme de formation, l’actualisation ne doit pas se limiter au changement du numéro inscrit sur une fiche programme. Il faut conduire une revue cohérente du système documentaire.

Les programmes doivent référencer la version en vigueur de la recommandation lorsque cette information est mentionnée. Les supports formateurs et stagiaires doivent utiliser les catégories et terminologies à jour. Les formulaires de convocation, prérequis et informations envoyées aux entreprises doivent éviter de présenter le CACES® comme une autorisation de conduite.

Il est également pertinent d’actualiser les questionnaires d’entrée, les modèles d’attestation de formation, les procédures de traitement des candidats et les documents qualité. Lorsque l’organisme réalise également les tests CACES®, les procédures doivent naturellement rester conformes au référentiel de certification applicable à l’organisme testeur certifié.

Une attention particulière doit être portée aux supports commerciaux et au site internet. Les anciennes références sont encore très présentes dans les usages et dans les moteurs de recherche. Il peut être utile de conserver les termes connus du public, tout en indiquant clairement la référence officielle à jour afin d’éviter toute ambiguïté.

Formation, test CACES® et autorisation : trois étapes à ne pas confondre

La logique de prévention reste structurée autour de trois niveaux complémentaires.

1. La formation à la conduite en sécurité

L’article R.4323-55 du Code du travail impose une formation adéquate aux travailleurs qui conduisent des équipements mobiles automoteurs ou des équipements servant au levage. Cette formation doit être adaptée à l’expérience du conducteur et à la complexité du matériel. Elle doit être complétée ou réactualisée lorsque cela est nécessaire.

2. Le contrôle des connaissances et du savoir-faire

Le CACES® est un moyen reconnu pour réaliser cette évaluation. Il repose sur un référentiel et des épreuves théoriques et pratiques. Le certificat ne peut être délivré que par un organisme testeur certifié pour la famille et la catégorie concernées. L’INRS tient une base de données des organismes testeurs certifiés.

3. L’autorisation de conduite délivrée par l’employeur

Elle intervient dans le cadre de l’entreprise et du travail réellement confié. Pour les familles réglementairement visées, l’employeur vérifie notamment l’attestation d’absence de contre-indications médicales, le contrôle des connaissances et du savoir-faire ainsi que la connaissance des lieux et des consignes.

Cette distinction est fondamentale pour sécuriser à la fois la prévention, le dossier du salarié et l’information donnée aux responsables opérationnels.

Quelle durée de validité retenir ?

Il faut distinguer la durée du certificat CACES®, la durée de l’attestation médicale et la durée de l’autorisation de conduite.

L’attestation d’absence de contre-indications médicales prévue par le nouveau dispositif a une validité de cinq ans. La durée des CACES® dépend quant à elle de la famille concernée et des règles prévues par la recommandation correspondante. L’autorisation de conduite est délivrée par l’employeur : sa durée et son maintien doivent rester cohérents avec la validité des éléments sur lesquels elle repose et avec les conditions réelles d’utilisation.

Il est donc déconseillé de piloter ces documents avec une seule date générique. Un suivi distinct des échéances évite qu’un CACES® encore valide donne à tort l’impression que toutes les autres conditions le sont également.

Un CACES® obtenu avant les mises à jour 2026 devient-il caduc ?

La publication des recommandations actualisées ne signifie pas que tous les certificats antérieurs deviennent automatiquement invalides. Les textes de 2026 visent notamment à intégrer les nouvelles modalités relatives à l’état de santé et indiquent que cette mise à jour n’a pas modifié le mode de contrôle des connaissances et du savoir-faire en place depuis 2020.

Il faut donc examiner la date, la famille, la catégorie et les règles de validité du certificat concerné. En cas de doute sur un certificat ou sur la certification d’un organisme testeur, la base officielle de l’INRS permet de vérifier les organismes autorisés à délivrer les CACES® correspondants.

FAQ — CACES® 2026

Le CACES® est-il obligatoire pour conduire un engin ?

Le Code du travail impose une formation adéquate et, pour certaines familles d’équipements, une autorisation de conduite. Le CACES® constitue un moyen reconnu de contrôler les connaissances et le savoir-faire du conducteur, mais il ne doit pas être confondu avec l’autorisation délivrée par l’employeur.

Qu’est-ce qui change principalement en 2026 ?

Les recommandations CACES® ont été actualisées pour prendre en compte la réforme entrée en vigueur le 1er octobre 2025 concernant le suivi de l’état de santé des conducteurs et les conditions de délivrance de l’autorisation de conduite. Pour les six familles visées par l’arrêté, une attestation d’absence de contre-indications médicales d’une validité de cinq ans intervient désormais dans le dispositif.

Les tests théoriques et pratiques changent-ils ?

La mise à jour liée à cette réforme n’a pas modifié le mode de contrôle des connaissances et du savoir-faire applicable depuis 2020. Il faut toutefois vérifier les évolutions propres à chaque recommandation, notamment la R.482B.

Un employeur peut-il se contenter du CACES® pour autoriser un salarié ?

Non. Le CACES® ne remplace pas l’autorisation de conduite. L’employeur doit vérifier l’ensemble des conditions applicables et tenir compte du site, du matériel, des instructions et de la situation du salarié.

Où vérifier qu’un organisme peut délivrer un CACES® ?

L’INRS publie un répertoire des organismes testeurs certifiés, consultable par famille, catégorie, département, région ou ville.

Ce qu’il faut retenir

En 2026, la priorité n’est pas de réapprendre tout le dispositif CACES®, mais de mettre à jour les références et les procédures. Les huit recommandations officielles ont été actualisées. Le changement transverse majeur est l’intégration de la réforme de l’état de santé et de l’autorisation de conduite. Pour les entreprises, cela suppose de revoir les autorisations et le suivi des justificatifs. Pour les organismes de formation, cela impose une mise à niveau des programmes, supports, procédures et informations commerciales.

Une veille rigoureuse reste indispensable : le numéro d’une recommandation, les caractéristiques des équipements représentatifs et les exigences de prévention peuvent évoluer sans remettre en cause tout le dispositif. Utiliser les textes officiels CNAM, Légifrance et INRS comme sources de référence permet de maintenir des formations conformes et des informations fiables.

Sources & références

  1. Assurance Maladie – Risques professionnels — Les formations pour réduire les risques dans le BTP
  2. CNAM — Recommandation CACES® R.482B, Engins de chantier, juillet 2026
  3. CNAM — Recommandation CACES® R.483A, Grues mobiles, juillet 2026
  4. CNAM — Recommandation CACES® R.484A, Ponts roulants et portiques, juillet 2026
  5. CNAM — Recommandation CACES® R.485A, Gerbeurs à conducteur accompagnant, juillet 2026
  6. CNAM — Recommandation CACES® R.486B, PEMP, juillet 2026
  7. CNAM — Recommandation CACES® R.487A, Grues à tour, juillet 2026
  8. CNAM — Recommandation CACES® R.489A, Chariots à conducteur porté, juillet 2026
  9. CNAM — Recommandation CACES® R.490A, Grues de chargement, juillet 2026
  10. Légifrance — Code du travail, articles R.4323-55 à R.4323-57
  11. Légifrance — Arrêté du 26 septembre 2025 relatif à la formation à la conduite
  12. Légifrance — Modèles d’attestation d’absence de contre-indications médicales
  13. INRS — Répertoire des organismes testeurs CACES® certifiés